Il m’a fallu du temps pour comprendre la différence entre la connaissance de soi et la réalisation de soi.
Et plus encore pour accepter ceci :
on ne peut pas réellement se connaître.
Toute connaissance repose sur une séparation.
Un sujet observe.
Un objet est observé.
Cette structure fonctionne pour le monde.
Elle fonctionne pour les objets, les concepts, les comportements, les rôles.
Mais elle ne fonctionne pas pour ce que nous sommes.
Dès que je tente de me connaître, je crée une séparation artificielle.
Je transforme ce que je suis en objet.
Je me projette.
Je me conceptualise.
Je peux connaître une image de moi.
Un personnage.
Une histoire.
Mais celui qui projette cette image ne peut pas être connu.
Cela ne rend pas la connaissance de soi inutile.
Au contraire.
Elle est un passage.
Un pont indispensable.
L’enfant naît en union, sans séparation.
Puis vient la construction du personnage, de l’identité, de la conscience séparée.
La connaissance de soi apparaît à ce moment-là.
Elle est nécessaire. Elle structure. Elle clarifie.
Mais elle ne peut pas être une fin.
À un moment, le désir de se connaître doit être dépassé.
Non pas rejeté.
Mais reconnu comme structurellement limité.
Alors ce n’est plus une quête de compréhension.
C’est un basculement.
La réalisation de soi ne consiste pas à accumuler des définitions plus fines.
Elle consiste à voir l’impossibilité même de se saisir comme objet.
On ne retourne nulle part.
Rien n’était perdu.
Seule tombe l’illusion qu’il y avait quelque chose à connaître.
—
Stéphane Ngalli Ngoua
Fondateur de Kâ Expertise
Cabinet conseil en singularité, réalisation et incarnation de soi